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Le Monde merveilleux du caca La culture c'est aussi des oeuvres inavouées...

A la rencontre des Vilains !

Orchid

Salutations chers lecteurs,

Je suis une nouvelle chroniqueuse, sans doute éphémère, dans ce monde merveilleux où le caca se trouve être le Saint Graal de l'écriture. Nux a déjà évoqué mon existence dans l'un des divers articles qui stagnent dans les décombres du blog. Pour ceux qui les ont lu je vous laisse deviner tout seul.

 

 

 

 

 

 

Sur ce, je vous remet à l'histoire d'une expéditions aventuro-clochardesque dont Nux, Mr.Blonde et moi même avons pu être les protagonistes. 

Tout commence un samedi de Juin.

 

J'ai besoin d'air, la nature se fait désirer de manière insolente.

Coup de tête ! je prends mes clics, je prends mes claques, ce qui veut dire pas grand chose dans mon petit sac, et je m'éclipse.

« Luzarches. Terminus, tous les voyageurs sont invités à descendre. »

 

Telle la vagabonde égarée que je suis, je me dirige seule, sans objectif vers la sortie de cette gare dont la ville m'est totalement inconnue. Deux choix s'offrent à moi : La droite ou la gauche ? Je suis tentée de suivre le chemin qui me rattache à ce bon vieux Méluche, mais à gauche c'est le centre ville, m'indique un panneau planté en face de moi. Et moi c'est pas ce que je veux ! Je veux m'éloigner de toute peuplade civilisée, de toute cette vomissure capitaliste, m'enfoncer dans des contrées lointaines et sauvages... Trop ambitieuse ? Sans doute !

 

Je vais à droite. 

 

Le soleil cogne, le temps est radieux. J'avance dans l'espoir de rencontrer un coin des plus sympathiques et y déguster mon repas de pauvre. Je veux être tranquille et déjeuner comme il se doit mes tomates cerises et ma salade de concombre toute prête...non le véganisme ne m'a pas encore eu ! En fait je crois que ce que je désire le plus c'est avaler mes tranches de sauciflard fraîchement découpées en rondelles et industrialisées chez Franprix. M'accusera de placement de produit qui voudra !

 

Je prends place sur un sentier, je m'installe au milieu. Quand je suis assise les herbes qui me bordent sont aussi hautes que moi. Je me sens peinarde et je m’empiffre enfin.

Mon téléphone continue tout de même à me sortir de ma solitude, que voulez-vous, on est populaire ou on ne l'est pas ! Je reçois les textos enragés de jalousie d'un homme qui paraît-il se trouve être mon camarade de vie commune. Enragé de jalousie parce que pendant que je met à l'épreuve mon oisiveté et mon appétit d'ogresse en pleine nature, en lui envoyant quelques photos d'arbres (chose qu'il ne connaît pas, en temps que pur parigot bobo civilisé) lui, à Paris, il accomplit son devoir, qui n'est pas des plus reposant. Le plus drôle c'est quand même la réception d'un message d'un autre émetteur, que j'ai envie de nommer …  Punkish ( et qui pour vous se trouve être naturellement Nux). Il le prendra comme il voudra, au pire je me ferai insulter de femme et l'affaire sera bouclée. 

 

Par pure coïncidence, il me propose de dormir dans son hamac. Dis comme ça je suis d'accord ça paraît louche, mais en vérité cet original est encore plus errant que moi, et sa proposition ne m'étonne pas le moins du monde, au contraire, je l'invite à me rejoindre, car j'avais déjà dans l'idée de passer la nuit loin de toute urbanisation.

 

Après avoir déambulé dans un quartier pavillonnaire où j'ai manqué de faire peur à une femme qui avait la vague impression que j’espionnais l’intérieur de sa maison alors que je prenais simplement en photo le joli petit chat gris qui errait (lui aussi) dans son jardin, (Parce qu'il faut savoir que je suis atteinte de la maladie du chat, celle qui te rend complètement mielleuse chaque fois que tu en croises, je crois que c'est incurable... ), je fini par me diriger cette fois, vers le centre ville. Parce qu'il me reste une heure avant de dire complètement adieu à ma solitude et rejoindre le cuistot ! (Punk, vagabond et cuistot, on en fait plus des comme lui, heureusement!).

Je vais dans un café.  Je m'assois à côté d'un  monsieur à moustache qui fume le cigare et qui m'a foi semble n'avoir jamais souffert de la faim tant sa superficie corporelle en vaut quatre comme la mienne. Tandis qu'il m'observe m'installer à la table voisine, avec ma casquette et mon sac, il me reconnaît. Moi Dionysienne, parente intime des Parisiens : «  Vous- n'êtes pas de Luzarches ! » qu'il m'affirme.  Je suis démasquée ! S'ensuit alors une petite conversation des plus banales. (Le beau temps ça n’intéresse personne, sauf ceux qui en parlent.). Un blanc s’immisce entre nous (qui m'a traité de raciste? que je lui envoie valdinguer son préjugé afin qu'il rebondisse et s'éclate sur sa face ! Non mais!). J'en profite alors pour sortir mon bouquin et entamer mon demi de blonde bien frai. Le gros moustachu interrompt ce blanc qui m'avait pourtant décidé à reprendre ma lecture, pour me souhaiter un «  Bon Monte-Cristo ! ». Il a posé les yeux sur la couverture de mon vieux livre le bougre !

L'heure tourne et il faut que je retourne à la gare, Punkish m'y attend, mais on connaît mon sens de l'orientation légendaire et alors que le café se trouvait à quelque mètres de la gare j'ai tout de même réussi à me perdre l'espace de cinq minutes et à prendre un chemin qui m'a fait atterrir de l'autre côté de la gare.

En se retrouvant, la première chose que le cuistot me suggère est d'aller dans le cimetière de la ville, qu'il avait préalablement repéré sur une carte, afin d'aller remplir nos bouteilles d'eau.

 

Nous voilà alors en marche, non pas vers une politique Macroniste mais vers une destination funèbre qui nous permettra de survivre en nous désaltérant. Il se trouve néanmoins que son sens de l'orientation n'est pas toujours meilleurs que le mien et c'est sans doute pourquoi nous nous sommes embourbés dans un enchaînement d'impasses et de cul-de-sac. Cependant la chance est finalement venu à nous. Tandis que le téléphone faisait retentir la voix de mon compagnon de vie commune qui avait décidé de laisser tomber son travail pour nous rejoindre vagabonder avec nous, un paysan nous a généreusement rempli nos bouteilles d'eau. Plus besoin de cimetière. Il est vingt heure et nous devons retourner encore une fois à la gare chercher notre troisième camarade.

Devinez quoi ! En rebroussant chemin, on trouve le cimetière qui nous avait valu une heure et demi de marches presque inutile. Puisqu'on a le temps, on le visite. Les robinets sont vides. Vive les gentils paysans !

En chemin, nous tombons sur une agence immobilière dont la vitrine affiche des appartements à louer qui mettent en éveil nos rêves de potentiels futurs colocataires. Sept cent euros pour un cinquante trois mètres carrés, on en conclu qu'on a plus qu'à se bouger le derrière.

 

A la gare on attend le train qui accouchera de l'homme tant attendu,  et pendant que celui-ci fait son voyage vers nous, on exerce notre cerveau sur le quai avec des jeux de logique. Rien de mieux pour passer le temps. Mais trop dur pour le passer entièrement, alors Punkish suggère de prendre le train et de retourner quelques stations en arrière. Quelle drôle d'idée ! Et moi je me laisse embarquer.

 

Figurez vous que cette idée n'était pas des plus mauvaises :

On s'arrête à Villaines, la seule raison de ce choix est le nom dont le nombre de blagues nulles à ce sujet durant la soirée ne se comptent pas sur les doigts de deux mains. On ne se refait pas !

 

On aperçoit soudain un attroupement de personnes qui semblent s’apprêter à fanfaronner dans cette ville paumée. Tout étonné on se questionne. On nous informe qu'ils sont ici pour la fête du village. Chouette !

 

V'la le nouvel arrivant, celui qui a lâché toute chose raisonnable et importante pour sombrer avec nous dans l'errance et le vagabondage compulsif. 

 

Nous trouvons rapidement un petit bosquet planté au bord d'une énorme étendue de blé. C'est à l’intérieur qu'on va passer la nuit, c'est décidé ! Nous courons tous les trois dans les champs pour le rejoindre, tels les personnages de cette série légendaire dont nous connaissons tous les qualités, La Petite Maison dans la Prairie.  Heureusement que le ridicule ne tue pas, on serait mort mille fois.

On installe le hamac du punk, on se libère de nos affaires, et on repart pour la fête du village.

Les gens ont disparu ! Merde, une fête qui ne dure que trente minutes, c'est possible ?!  Heureusement un jeune rasta âgé de quinze ans fait son apparition dans cette rue fantôme tel le messie qui sauve notre désillusion.  Il nous indique que la fête du village est plus loin et qu'il s'y dirige. Heureux, on le suit !

 

On a eu le droit à un feu d'artifice, des frites – merguez à deux euros et de la musique commerciale.

Partir sur un coup de tête au terminus de son train préféré, ça peut valoir le détour !

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