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Le Monde merveilleux du caca La culture c'est aussi des oeuvres inavouées...

PARTIE 2/3: Modifier cette puante créature

Nux

Partie Scientifique 2/3

Avant d’exposer nos diverses théories, réfléchissons aux caractéristiques de l’Homme, il est bipède à son hégémonie, ne s’adapte que lentement à son environnement, porte des vêtements et a appris à, quelque peu, dompter la mort. Nous pourrions améliorer au moins deux de ces comportements, lui ajouter des jambes, des trépieds, des extrémités sur lesquelles marcher, et améliorer son répondant face au monde qui l’entoure. Mais tout d’abord, rappelez vous ce qui se produisit quand Bérangère entra dans Roger, il nous faudra donc, pour la science et surtout pour plus d’ergonomie, étendre l’épiderme, le corps, les muscles et les os humains.

Les scientifiques tels que moi ne s’embarrassent pas de supplément excentrique comme agrandir les parties génitales d’ailleurs, notre spécimen sera asexué car il est prouvé que le sexe est une distraction à la guerre. Nous désirons, ici, produire un être humain de taille supérieure à la moyenne, qui fonctionnerait correctement, l’objectif serait de passer de 1m80 à 4m50, de 80kg nu à 200kg nu, avec les modifications que cela implique.

Faisons un inventaire de ce qui est nécessaire, un cerveau, une moelle épinière, un cœur, des poumons, un conduit urinaire, des sens et ce qui s’y rapporte, une peau, des muscles, et le reste non modifié si ce n’est par élongation.

Idéalement, la disposition des organes ne changera pas mais nous leur apporterons quelques modifications, commençons avec le cerveau.

Hé Mademoiselle, j'tai écholocalisé!

Le cerveau :

Il va de soit que le développement neuronal devra se faire rapidement, les fonctions de langage devront être assurées, les émotions quelque peu limitées, les gestes rapides et précis et une mémoire courte que l’on pourra assurer en cas de problème par d’autres organes. Tout d’abord nous nous sommes demandés s’il fallait mieux augmenter le nombre de cerveaux sans toucher à sa taille ou faire l’inverse. Avec deux cerveaux interconnectés, les stimuli seront plus compliqués, chaque cerveau interprètera le même, faisant ressentir la même émotion deux fois, ce qui est problématique si l’on prend la douleur comme exemple.

La modification s’est faite sans réel problème si ce n’est la multiplication des récepteurs sensoriels. La douleur sera atténuée, et des possibilités supplémentaires ont été ajoutées au cerveau. L’écholocalisation, déjà présente chez les aveugles a été améliorée, le spécimen sera normalement capable de se repérer grâce à une carte auditive complexe. Tout d’abord, nous avons effectué un déplissement, nous permettant de gagner 1cm 3 de volume complet. L’étirement des synapses et neurones s’est fait progressivement, pour ne pas les briser et nous sommes passés de 90 milliards de neurones à 225, le nombre de synapses a quand à lui augmenté de 250% pour les besoins de cognition, de 45000 à 112500. Nous avons réussi à passer le poids du cerveau à 1,6% du total, pour laisser une place pour le reste. Ce déplissement est toutefois la première étape car, le cerveau est déconnecté du corps, aussi, il faudra le relier au reste vers la fin pour que le tout soit fonctionnel.

La moelle épinière :

C’est parti pour la seconde et dernière partie du Système Nerveux Central, avec la moelle épinière, celle qui a posé le plus de problèmes à vrai dire. Nous choisîmes de ne pas l’améliorer mais de seulement l’agrandir en ajoutant des nerfs, car l’étirer n’apparaissait pas ici comme une solution. Créer un nerf a été difficile, mais nous nous sommes inspirés des axones géants, permettant aux céphalopodes de nager plus vite. Les nerfs spinaux, puisque c’est donc de ceux-ci qu’il s’agit ont été clonés en laboratoire à partir des nerfs existants, une trentaine en totalité. La connexion au cerveau s’est faite sans problème même si le tout reste très fragile, il faudra sûrement repasser derrière pour améliorer tout cela.

Le cœur :

Deux cœurs seraient bénéfiques à l’être humain créé mais pour vasculariser le tout, les cœurs devront être éloignés l’un de l’autre pour ne pas entrer en confrontation. L’abdomen resterait une option mais la seconde localisation pose problème. Nous avons donc choisi de greffer un cœur dans un autre, dans le but d’augmenter les performances et l’endurance du sujet. L’idée serait d’intégrer le ventricule gauche du cœur A sur le ventricule gauche du cœur B, et faire de même avec le droit.

Cette théorie n’a pas été testée sur le terrain, aussi, nous utiliserons une étudiante de bonne volonté, là encore. Nous guetterons son fonctionnement à court terme, sur une période d’une semaine, à moyen terme, en 2 mois. Idéalement, les soldats seront refaits en trois mois, pour une première fournée de 400, une seconde de 800, leur mort rapide ne devrait pas poser de problème.

Les résultats ne se sont pas faits attendre, l’étudiante s’est dite « moins essoufflée » et plus « en possession de ses moyens ». Mais le lendemain, des malaises ont affecté sa journée de travail, quelques vomissements à déplorer, mais rien ne bien gênant, étant donné que son cerveau et son système auditif n’ont pas encore été amélioré pour diminuer cette sensation de manque d’équilibre. Au niveau des chiffres, le cœur passe de 85 fois par minute à 55 au repos et de 145 à 110 pendant un footing.

Toutefois, nous avons retenté l’expérience en croisant les veines caves des deux cœurs et apparemment, cela diminue la sensation de fatigue encore plus. Laissons mariner notre sujet un petit mois encore pour avoir les résultats finaux.

Les poumons :

Cette fois-ci, nous avons émis le choix de ne rien toucher aux poumons, et ce pour la bonne raison, qu’ils seront capables d’assurer leurs diverses fonctions, comme précédemment avec l’étudiante. En effet l’évacuation du dioxyde de carbone n’est pas impactée par le changement du nombre de ventricules, nous l’avons scrupuleusement vérifié.

Nous ajouterons une fonction de respiration cutanée si nécessaire, à la façon des oiseaux, et même de régulation de température si les tests en conditions extrêmes échouent.

Conduit urinaire :

Notre sujet devra pouvoir évacuer ses déchets de façon autonome. C’est à ce titre que nous avons cherché des micros organismes chimiotrophes, à lui greffer autour des reins, par exemple. Toutefois, cela n’a pas donné suite, nous avons donc contacté nos collègues scientifiques, dans le but d’intégrer un rein humain miniaturisé dans une lamproie, pour assurer les fonctions de celui de manière optimale.

La lamproie a été fixée à un rein non miniaturisé, nous avons nourri un cobaye recruté pour les besoins de l’expérience, le rein a été déchiqueté par la lamproie qui a des besoins vitaux excentriques. Il fallait donc diminuer sa faim ou fixer sa nageoire caudale directement sur le rein. Bien sûr, la sensation de faim chez l’animal reste problématique, dans le cas de l’homme il suffit de modifier le taux de glycogène dans le foie et de glycémie dans l’hypothalamus.

La lamproie fût donc fixée, avec un simple anneau de fer, et on recommença, une fois le rein réparé. Les déchets digérés arrivaient en surnombre et faisaient assez conséquemment gonfler le ventre de la personne. De-là coulent deux suppositions, soit il faut augmenter le nombre de lamproies collées au rein, soit les intégrer directement dans le tube digestif en les empêchant idéalement d’en bouffer les parois.

Mais, une solution apparut alors, le robot Row-Bot, capable de digérer les polluants organiques dans l’eau. Toute la magie de l’appareil se situe dans le fait que les déchets du robot sont mués en impulsion électrique, en énergie. La digestion serait donc autonome, ce qui correspond parfaitement à nos ambitions. Un Row-Bot fut placé dans l’intestin moyen et un autre entre les deux reins. Les essais à moyen terme furent concluants.

Les sens :

Une impitoyable sélection était ici nécessaire, un guerrier a-t-il besoin de distinguer rôti de porc et rôti de bœuf, haricots verts et haricots blancs ? L’odorat a divisé mon équipe, ma pipe était favorable à l’ablation totale de nez et donc de système olfactif, tandis que moi, j’imaginais une situation de combat où le guerrier pourrait trouver le camp ennemi en suivant l’odeur de la fumée du foyer. Le toucher était indispensable, quoiqu’il faillât augmenter la résistance de la peau, ce dont nous nous occuperons ensuite. Le goût passe à la trappe, il ne mangera que des pilules comportant le strict nécessaire.

La vue devait être améliorée, je pense notamment à la vue nocturne, thermique. Au sujet de l’ouïe, nous avons déjà mentionné l’écholocalisation, aussi nous parlerons des détails éventuels, les tests finaux ne se feront qu’ensuite.

La vision nocturne ne posait aucun problème à première réflexion, mais imaginons la situation suivante, le soldat combat à l’aube, face au soleil, il sera sans nul doute aveuglé, qu’il soit équipé de lunettes thermiques, à vision nocturne ou même d’aucune lunette. D’où la supposition suivante, en ajoutant deux yeux sur le front du soldat, camouflés par des lunettes infrarouges pour qu’il ait l’air normal, il bénéficiera d’une vision optimale. Je m’explique, en jumelant les deux visions de ses deux yeux, en les superposant, il ne sera que peu aveuglé, mais sa vision sera à la moitié de ses capacités. Pour cela, nous devrons effectuer les connexions nécessaires pour que le tout se fasse automatiquement par accommodation.

Le système olfactif posait problème, il fallait aller à l’essentiel, pour ne pas surcharger la mémoire dédiée avec des informations inutiles. La reconnaissance des odeurs devait se faire par apprentissage, puis par analyse de l’utilité en condition et éventuellement par oubli. Nous ferons d’abord confiance à l’intelligence humaine pour assimiler tout cela, si l’expérience échoue, nous intègrerons des faux stimuli fondés sur de vraies connaissances.

Pourquoi entendre quand l’on peut dresser un plan précis des bruits nous entourant à la manière d’une chauve souris ? Ce procédé existe déjà chez les aveugles mais un bruit est nécessaire, comme un claquement de langue ou de doigts, l’idéal serait de supprimer cette condition contraignante. Notre sujet ne sera pas aveugle, il pourra voir de différentes manières, superposer les visions, classer les informations, en isoler, pour réagir à plusieurs situations. On pourrait de suite penser à envoyer un ultrason inaudible par l’homme, modifier la fréquence d’écoute tolérable du sujet, mais imaginons de suite un contre exemple, c’est la nuit, le système de vision nocturne est défaillant, le soldat envoie donc un ultrason autour de lui, mais un chien l’entend et aboie. L’infiltration échoue, le soldat n’a plus qu’à fuir. Il ne reste qu’à créer un ultrason personnalisé seulement audible par le sujet, un ultrason en étroit lien avec son système auditif.

Pour cela, nous avons cherché vers la Piézoélectricité, mais la solution était bien plus simple, puisqu’il suffisait d’émettre un ultrason avec un mini radar en quartz (baissant originellement la fréquence mais ici, la faisant grimper d’un bon Khz) et d’attirer l’onde très rapidement, avant que le son soit détecté mais avec une vitesse suffisante pour que l’onde rencontre des obstacles.

La peau :

Il est évident que la peau dite « classique » d’un être humain ne suffira pas longtemps, il était donc nécessaire de l’améliorer. Un métal souple, solide et facilement trouvable devrait faire l’affaire. Le quartz apparaissant ici comme trop simple, nous l’avons délaissé pour deux nouvelles idées : le titane et le microlattice métallique.

Si le premier se distingue par sa facilité de production, le second demeure plus léger, rendant le déplacement plus aisé. Pourtant, même si le titane s’avère très résistant, sa principale force est son prix, qui, actuellement, atteint les 5€ le kilo. Le prix du microlattice crée par HRL n’a pas été communiqué, mais si l’on prend en compte la difficulté de fabrication, le titane sera plus économique.

Nous laisserons la peau humaine en place, tout en la diminuant d’épaisseur, et recouvrerons le corps d’une couche de 10 cm3 à 15 cm3 selon la localisation.

Les muscles :

Le corps humain « basique » contient 600 muscles environ, ayant tous un rôle différent. Il serait utopique de penser que nous les analyserons un par un dans le but de les change, aussi nous ferons appel à un myologue pour nous conseiller. Tout d’abord, les muscles du cou seraient à examiner si et seulement si l’on faisait des modifications à la tête, car elles pourraient engendrer une augmentation du poids de celle-ci. Il mit également en avant un problème très simple, la musculation augmenterait le diamètre des muscles et donc des capacités du sujet, sa peau en titane devra donc être modelée une fois pour toutes. En effet, si le sujet perd sa musculature par manque d’exercice, sa peau ne sera plus fixée convenablement, il faudrait donc empêcher la diminution progressive des évolutions musculaires par le facteur temps. L’injection de protéines fera l’affaire, à défaut, nous trouverons une solution de compression des muscles ou d’effort simulé constant.

Le dernier compte rendu marquera l’aboutissement de nos théories, avec la phase de test, qui montrera mon génie au monde entier, pour cela, nous avons sélectionné un jury qui vous sera communiqué dans les plus brefs délais.

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